Née pour porter la voix des femmes dans la filière cacao, la FNFPCC-CI opère aujourd’hui une mue stratégique majeure. Avec l’appui du coaching en marketing du TDC, cette fédération ivoirienne veut passer du plaidoyer institutionnel à l’offensive commerciale, avec une ambition claire : transformer et vendre ses propres produits chocolatés.
En Côte d’Ivoire, le secteur du cacao est un pilier économique, mais la voix des femmes y reste parfois difficile à entendre. C’est pour changer cette donne que la Fédération Nationale des Femmes Productrices de Café Cacao de Côte d’Ivoire (FNFPCC-CI) a vu le jour le 15 avril 2015 à Yamoussoukro. Structure faîtière composée initialement de 25 coopératives, elle cible aujourd’hui le maintien en activité de 30 coopératives réparties dans 13 zones de production, représentant un potentiel historique de plus de 12 000 productrices.
Si la mission première de la fédération était le plaidoyer et le lobbying pour amplifier la voix des femmes, l’organisation se trouve aujourd’hui à un tournant décisif de son histoire : le passage d’une structure sociale subventionnée à un acteur économique autonome.
Du militantisme à l’entreprenariat
Le constat posé en 2022 était sans appel : avec un résultat net déficitaire de 3,4 millions FCFA et un chiffre d’affaires nul, la fédération dépendait entièrement de subventions et de cotisations encore faibles. Pour survivre et servir ses membres, la FNFPCC-CI devait impérativement générer ses propres revenus.
Cette prise de conscience a donné naissance à une nouvelle vision : devenir un acteur économique incontournable d’ici 5 ans. La concrétisation de cette ambition a débuté fin 2024 avec le lancement d’un projet pilote de transformation de cacao (chocolat et beurre), soutenu par la GIZ et Incub’Ivoire (structure elle-même appuyée par le TDC).
Les premiers tests sont prometteurs. Lors des Journées Nationales du Cacao et du Chocolat (JNCC) 2024, la fédération a écoulé sa production test (90 unités) de beurre de cacao et de tablettes de chocolat (noir, lait, gingembre). Mieux encore, l’analyse financière révèle une marge brute de 42,3 % sur les coûts directs de production et un prix de vente compétitif de 2 000 FCFA la tablette.
Le défi de la commercialisation : l’intervention du TDC
Avoir un bon produit ne suffit pas ; encore faut-il savoir le vendre. C’est ici qu’intervient le Trade for Development Centre (TDC). Le diagnostic commercial réalisé en février 2025 a mis en lumière un décalage entre la qualité du produit et la maturité commerciale de la structure.
Malgré ses atouts, la fédération souffre d’un marketing informel : absence de plan marketing, stratégie de distribution inexistante et communication digitale en sommeil (codes d’accès aux réseaux sociaux perdus). L’absence de chiffre d’affaires récurrent hors événements ponctuels confirme que la fédération ne sait pas encore “vendre” au quotidien.
Pour combler ces lacunes, le TDC a déployé un Programme de coaching en marketing s’étalant sur la période 2025-2027. Ce cycle de trois ans, comprenant 5 modules d’une semaine, vise à transférer un savoir-faire professionnel pour permettre à la fédération d’augmenter durablement ses revenus.
Vers la marque “Di Nian”
La feuille de route du coaching est ambitieuse. Elle prévoit de structurer l’identité de la marque “Di Nian”. L’accent sera mis sur l’opérationnel : affiner le mix marketing (produit, prix) et, surtout, construire des canaux de distribution solides vers les supermarchés et supérettes.
L’accompagnement inclut également un volet formation pour l’équipe de vente, afin de maîtriser les techniques de négociation et de préparer efficacement les futures foires commerciales.
Avec une gouvernance 100% féminine — du Conseil d’Administration au Conseil des Sages — appuyée par une direction exécutive, la FNFPCC-CI est en marche. À l’issue de ce coaching, l’objectif est que la fédération dispose d’une stratégie commerciale autonome, capable de financer des services concrets pour ses milliers de productrices ivoiriennes.