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Les Bruxellois et le commerce équitable

En septembre dernier, le Trade for Development Center d’Enabel publiait l’édition 2020 du baromètre du commerce équitable, une enquête d’opinion qui a pour objectif de sonder la notoriété du commerce équitable en Belgique, ainsi que l’opinion et le comportement des Belges en la matière.

En 2020, des questions relatives aux modifications du comportement d’achat suite à la crise du Coronavirus ont été posées. L’étude en ligne a été réalisée du 31 juin au 2 août par Incidence auprès de 1.212 personnes âgées de 16 à 80 ans vivant en Belgique.


Quelles sont les constations faites auprès des habitants de la Région Bruxelles-Capitale ?
* L’échantillon des de 294 personnes et la marge d’erreur maximale de 5,7%.

  • La santé, la pollution et le pouvoir d’achat étaient les principales préoccupations des Bruxellois en 2020.

  • La majorité des répondants bruxellois (69%) sont d’accord de dire qu’il est nécessaire de changer son mode de consommation dans l’intérêt des générations futures. 72% des répondants wallons et 67% des répondants flamands en sont également convaincus. Les Bruxellois en sont bien décidés puisque 48% d’entre eux ont choisi de diminuer leur consommation de viande.

  • Tous comme les Wallons (63%), ils sont également plus conscients des conditions dans lesquelles certains produits sont fabriqués (66%) que leurs voisins flamands (55%). Les Bruxellois (63%) et les Wallons (64%) sont également plus convaincus que les flamands (50%) que leurs achats ont un impact sur l’environnement, sur les conditions de vie des producteurs/travailleurs.

  • Par contre, les Bruxellois (53%), tout comme les flamands (53%) trouvent les labels sur les produits pratiques pour en savoir directement plus sur les produits qu’ils veulent acheter. Ils ne sont que 44% de Wallons dans ce cas.

  • Les critères d’achats
    Les critères privilégiés par les Bruxellois lors de leurs achats de produits alimentaires sont principalement le prix (30%), le caractère sain (18%) et les aspects qualitatifs du produit (17%). Les Bruxellois et Wallons cherchent davantage des produits sans OGM (15%) que les Flamands (7%). Quant aux produits cosmétiques, les Bruxellois sont moins sensibles au prix (26%) que les répondants flamands (41%) et wallons (35%).

    Lors des achats de produits cosmétiques, de beauté et de soin, les principaux critères de choix des Bruxellois sont les suivants : le prix (26%), le respect bu bien-être animal (17%), le caractère sain des produits (16%) et l’absence de produits chimiques et de pesticides (16%). Les Bruxellois (26%) sont moins sensibles au prix que les Wallons (35%) et les Flamands (41%).

    Lors de leur shopping vestimentaire, les principaux critères d’achat des Bruxellois sont le prix, la durée de vie du produit et le respect des droits humains.

    Une modification des critères de choix  durant la crise prête à être maintenue par 77% des répondants bruxellois.

    La crise de la Covid-19 a influencé les critères de choix lors des achats de 57% des répondants bruxellois (21% considèrent que l’influence a été forte), principalement lors d’achats de produits alimentaires (86%, contre 73% pour les Flamands). C’est le secteur de l’alimentaire qui a été le plus impacté par la crise pour l’ensemble des habitants du pays.

    Lors de la première vague de la crise, les Belges ont davantage porté attention au prix, au caractère sain et à la proximité du lieu de la production du produit. 27% des Bruxellois ont très certainement l’intention de maintenir leurs nouveaux critères de choix après la crise de la Covid 19.

  • Consommer de manière responsable est principalement lié à des notions d’écologie. Selon les répondants bruxellois, la consommation responsable se caractérise principalement par l’achat de produits sans emballage (42%), de saison (34%) ainsi que par la pratique du recyclage et de la réutilisation (31%).

    Ils sont les plus nombreux (19%, contre 8% de Flamands et 11% de Wallons) à associer la notion de consommation responsable à l’achat de produits bio. 28% (30% de Flamands) l’associent à l’achat de produits locaux issus des circuits courts, contre 44% de Wallons. Et seuls 15% des Bruxellois (tout comme 14% de Wallons et 17% de Flamands) associent la consommation responsable à l’achat de produits équitables.

  • Lorsqu’on demande aux consommateurs bruxellois de classer ces 5 types de produits : locaux, équitables, bio, écologiques, éthiques selon l’importance qu’ils y accordent, les produits locaux arrivent en tête (36%), suivis des produits biologiques (27%) et des produits écologiques (18%). Les produits équitables (13%) et éthiques (7%) arrivent en dernières positions. Il est intéressant de souligner que les produits équitables arrivent en deuxième position pour les répondants flamands (29%).

  • La notoriété du commerce équitable est bonne
    84% des Bruxellois en ont entendu parler. Parmi ceux-ci, 43% de Bruxellois (contre 33% de Wallons) citent spontanément Oxfam parmi les marques, labels et/ou organisations liés au commerce équitable. 22% citent Fairtrade (contre 31% de Flamands). 16% de Bruxellois n’ont jamais entendu parler du commerce équitable.
    Par contre, parmi toute une série de marques, labels et logos de commerce équitable, éthique, durable ou d’agriculture biologique, présentés aux répondants, c’est le label Fairtrade qui est le plus connu des Bruxellois (56% des répondants), tout comme des Flamands (72%) et des Wallons (57%), suivi de près par le logo d’Oxfam-Magasins du monde ou Oxfam-Wereldwinkels (connu de 54% de Bruxellois, 63% de Flamands et 56% de Wallons).

    Les répondants Bruxellois ont entendu parler du commerce équitable grâce aux labels (19%) ou via un reportage TV (19%). Contrairement à 31 % de Flamands, ils sont 18% à en avoir entendu parler en grandes surfaces.

    La définition du commerce équitable correspond toujours bien à la perception que les répondants bruxellois en ont (79%).

  • Le respect des producteurs (48%), des produits qui respectent l’environnement (32%), ainsi qu’un prix équitable (16%) sont les 3 principales caractéristiques du commerce équitable citées spontanément par les Bruxellois, tout comme les Flamands et les Wallons.
    Lorsque d’autres caractéristiques sont présentées aux répondants bruxellois, le respect des droits humains, une rémunération juste permettant aux producteurs de vivre dignement deviennent les premières caractéristiques représentant le commerce équitable.

    Il faut souligner que les répondants bruxellois citent davantage le caractère sans OGM des produits équitables et le fait qu’ils soient « bon marché » que les répondants wallons et flamands.

  • Les Bruxellois peuvent mentionner en moyenne 5,5 produits issus du commerce équitable. Le café, le chocolat, les bananes, sont les produits les plus connus.

  • La Semaine du commerce équitable est moins connue à Bruxelles (39% des répondants la connaissent) qu’en Flandres (49%). 42% de Wallons en ont entendu parler.
    12% de Bruxellois (9% de Flamands et 10% de Wallons) disent avoir déjà participé à un évènement organisé lors de cette campagne.

  • Qui doit informer la population belge sur le commerce équitable ?
    L’ensemble des Belges, considèrent que c’est le rôle des organisations du commerce équitable.
    Toutefois, les Bruxellois et Wallons sont les plus nombreux à souhaiter être davantage informés par les médias traditionnels (TV, presse écrite) contrairement aux Flamands qui considèrent plus que c’est aux pouvoirs publics de le faire.
    Les Bruxellois et les répondants avec un niveau d’études plus élevé souhaiteraient également être sensibilisés davantage lors de présentation et dégustation dans les magasins. La demande de sensibilisation des jeunes dans les écoles est également plus marquée à Bruxelles et auprès des répondants avec un niveau d’études élevé.
  • À Bruxelles, on considère les distributeurs de produits comme étant les principaux responsables du développement du commerce équitable alors qu’au nord du pays, ce sont les pouvoirs publics, et qu’au sud, ce sont les fabricants de produits.

  • Le commerce équitable concerne tous les paysans du monde.
    Les plus convaincus sont les Wallons et les répondants avec un niveau d’études élevé et vivant en zone rurale. 71% des Bruxellois pensent que le commerce équitable ne doit pas se limiter aux paysans du Sud. 13% pensent toutefois que le commerce équitable doit concerner les paysans belges et européens uniquement pour des produits comportant au moins un ingrédient en provenance des pays du Sud.

  • L’achat de produits équitables
    71% des Bruxellois disent avoir déjà acheté des produits équitables (26% oui souvent et 45% oui rarement). Seuls 15% des Bruxellois interrogés ne consomment jamais des produits équitables et 14% ne savent pas s’ils en consomment ou pas.

    Les Belges sont généralement prêts à payer un supplément pour les produits équitables (surtout pour les produits alimentaires), mais celui-ci ne devrait pas dépasser 10%.

    Comme pour l’ensemble des Belges, les produits équitables les plus achetés par les Bruxellois sont le cacao/chocolat (42%), le café (37%) et les bananes (35%)

    Les Bruxellois sont globalement satisfaits des produits équitables (63%).

    Les grandes surfaces sont le lieu le plus prisé par l’ensemble des Belges (60% de Bruxellois) pour acheter des produits équitables. 34% des répondants bruxellois disent les acheter également dans les magasins spécialisés de commerce équitable (Oxfam-Magasins du monde ou autres), 27% dans les magasins bio ou chez les petits commerçants, magasins de quartier.

    Les produits équitables sont essentiellement identifiés par les labels et certifications (54% de Bruxellois).

  • Les freins et leviers d’achat
    Le prix élevé (pour 31% de répondants bruxellois) ne pas y penser (pour 26%) ou le fait de ne pas pouvoir identifier les produits (21%) sont les principaux freins à l’achat de produits issus du commerce équitable.
    43% des répondants bruxellois considèrent qu’une baisse du prix les inciterait à consommer davantage de produits équitables. Plus d’information sur les produits (27%) ou la garantie que le fait d’acheter ses produits à réellement un impact constituent également des leviers d’achat.

  • Seuls 16% des répondants bruxellois sont convaincus de l’importance de leur contribution personnelle pour le respect des droits des producteurs et travailleurs en achetant des produits équitables.

  • Les labels et certifications sont considérés par les Belges comme étant les meilleurs instruments pour s’assurer que les produits soient bien équitables. Les Bruxellois privilégient également l’avis des consommateurs sur les médias sociaux afin de s’assurer de la fiabilité des produits.
* Pour plus de facilité, les habitants de la Région Bruxelles-Capitale sont souvent dénommés « Bruxellois » dans ce document.

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