La Société Coopérative Agricole de Dobre (COOPADO) s’affirme aujourd’hui comme un acteur dynamique et résilient de la filière cacao en Côte d’Ivoire. Créée en 2007, la coopérative est historiquement ancrée à Dobre, dans le département de Sassandra, avec des activités de collecte qui s’étendent sur les sections de Sago, Dakpadou et Medon. Pour des raisons logistiques et sécuritaires, son siège social a été stratégiquement établi à San Pedro. Afin de consolider ses fondations et d’optimiser sa gouvernance, l’organisation bénéficie d’un programme d’accompagnement du Trade for Development Centre (TDC). Ce coaching sur mesure se concentre sur la gestion financière, la structuration organisationnelle et les défis liés à la durabilité.
Spécialisée dans la collecte et la commercialisation de fèves de cacao, COOPADO a démontré une forte capacité d’action en commercialisant environ 2 650 tonnes lors de la campagne 2023-2024, avec une productivité moyenne de 700 kilos par hectare. En janvier 2025, la coopérative rassemble quelque 365 membres, dont 13 % de femmes, et mène une campagne de recrutement active pour élargir sa base. L’organisation porte une vision audacieuse pour l’avenir : elle ambitionne de franchir le cap des 10 000 tonnes de cacao d’ici 2030. À plus long terme, d’ici 2035, COOPADO projette de se lancer dans l’exportation directe et de développer la transformation locale de ses produits. Pour soutenir cette trajectoire, elle s’appuie sur de solides gages de durabilité, notamment les certifications Fairtrade obtenue en 2021 et Rainforest Alliance décrochée en 2023. Elle collabore également de façon étroite avec des partenaires historiques comme OLAM, ainsi qu’avec des exportateurs tels que SITAPA et CEMOI.
L’appui du Trade for Development Centre
Le partenariat avec le TDC a démarré en janvier 2025 par un diagnostic approfondi de la coopérative. Cette première étape a permis de souligner les atouts majeurs de l’organisation : une équipe jeune et engagée, des producteurs particulièrement loyaux, et une gouvernance démocratique reposant sur des organes élus. La qualité constante de son cacao et le respect rigoureux du paiement des primes aux planteurs forgent également sa bonne réputation. Néanmoins, ce diagnostic a révélé plusieurs défis de taille. COOPADO souffrait d’un manque de fonds de roulement, d’un parc logistique vieillissant et d’une trop forte dépendance à l’égard d’un client unique. Sur le plan administratif, une perte de données avait provoqué un retard critique dans la comptabilité de l’année 2024. Parallèlement, une analyse des risques a mis en évidence des chantiers urgents sur le plan environnemental et social, en particulier la lutte contre la déforestation, la protection de l’enfance et l’accès à l’eau potable.
Face à ces constats, un plan d’action a été immédiatement déployé, avec des résultats tangibles en un temps record. Dès la session de coaching de juillet 2025, la coopérative a prouvé son excellente capacité de mobilisation. L’assainissement financier a été traité en priorité absolue : le retard comptable de 2024 a été intégralement rattrapé, les bilans ont été finalisés et archivés, et la comptable a bénéficié d’une formation spécifique pour sécuriser les pratiques futures. La gestion interne s’est également professionnalisée grâce à la création d’un budget détaillé pour la période 2025-2026. En distinguant très clairement les charges fixes des charges variables, ce nouvel outil permet dorénavant à COOPADO d’analyser l’impact direct de ses volumes de vente sur sa rentabilité globale. Une étude comparative des coûts de transport a également été menée pour optimiser l’usage et la rentabilité de sa flotte de camions.
Au-delà de la stricte gestion financière, la gouvernance de la coopérative s’est fortement structurée. L’organigramme a été actualisé et les fiches de postes ont été complétées puis discutées avec l’ensemble des équipes. Cet élan de professionnalisation est soutenu par une forte adhésion des producteurs, illustrée par un taux de participation exceptionnel de 86 % lors de l’Assemblée Générale de juin 2025.
Si la dynamique est très positive, COOPADO doit tout de même composer avec des vents contraires, comme les aléas climatiques et le vieillissement des vergers, qui ont récemment pesé sur les volumes de récolte. Pour maintenir le cap de sa croissance, la coopérative concentre actuellement ses efforts sur le recrutement d’une nouvelle direction et sur la pérennisation de ses bonnes pratiques administratives. Cette rigueur institutionnelle constituera son meilleur atout pour convaincre de nouveaux bailleurs de fonds et sécuriser les financements indispensables au renouvellement de son matériel roulant.